Les sorciers de l’Ordre d’Améthyste étudient le domaine de la Mort, issu du vent de Shyish, qui souffle avec force dans les lieux où domine l’odeur de la mort. Ses énergies proviennent des mourants et de l’inéluctabilité du trépas. Il souffle sur les champs de bataille et les morgues, tourbillonne autour des charniers et des Jardins de Morr et tombe des gibets comme une ombre violette. Les robes des sorciers d’Améthyste sont ornées du symbole de la faux, du sablier ou de la rose épineuse, imagerie liée à la tombe pour tous les sujets de l’Empire. Ils commandent aux esprits et l’on dit qu’ils sont capables de voler l’âme d’un ennemi ou d’aspirer sa force vitale pour ne laisser de lui qu’une coquille vide. Ils peuvent susciter un vent funeste qui dessèche et détruit la chair, ou envelopper leurs ennemis d’un voile de désespoir suicidaire. De tels tours ne sont rien comparés aux maléfices cauchemardesques de la nécromancie, mais leur association avec la mort souille les sorciers d’Améthyste aux yeux des autres hommes.
Le bâtiment de l’Ordre d’Améthyste est noir et sépulcral, protégé de la lumière et peu éclairé même au cœur de la nuit. La poussière s’accumule en couches épaisses dans ses halls silencieux, charriée par les vents de Shyish, qui apportent avec eux la puanteur des siècles décomposés. Bien que les habitants d’Altdorf connaissent parfaitement son emplacement, ils évitent cet édifice comme la peste tant ils craignent la damnation éternelle. Ses sinistres tours grouillent de chauves-souris et ses caves sont infestées de vermine.
Le Collège de l’Ordre d’Améthyste surplombe l’antique cimetière hanté du Vieil Altdorf où des milliers de cadavres furent enfouis après les ravages de la Peste Rouge. De sinistres rumeurs circulent sur le compte de ce cimetière, et la proximité des bâtiments de l’Ordre est pour certains la preuve manifeste de ses pratiques impies. Bien entendu, il n’existe aucune preuve irréfutable que pareils agissements ont cours, mais les bons citoyens d’Altdorf n’en évitent pas moins le cimetière comme le Collège, quitte à faire un large détour, laissant les sorciers à leurs sombres secrets.
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