|

Par Anthony Reynolds
Durant
les longs mois de rédaction du livre d'armée
consacré aux Bretonniens, Anthony Reynolds n'a cessé de
deviser des chevaliers et de leurs vertus, sans parler de sa quête
sans fin de bénédictions de la part de damoiselles.
Il nous a donc paru normal de vous montrer comment un concepteur
aux pensées aussi retorses a pu achever le livre de la
race la plus honorable du monde de Warhammer.
Le principal attrait des Bretonniens est l'intérêt
universel qu'ils suscitent. Je mettrais ma main à couper
que tout fan de Warhammer adore les histoires de chevaliers et
de châteaux-forts, et le Moyen-Âge en général
: c'est de toute façon le cas de la majorité des
gens ! Même les non-initiés, et soyons fous, leurs
petites amies peuvent apprécier des figurines de chevaliers
(plutôt que se moquer d'un petit monstre vert en disant "Mais
pourquoi a-t-il un si long cou ?" "C'est une bannière avec
un crâne accroché en haut ma chérie.", ne
rigolez pas, c'est véridique !) Tout comme les hommes-lézards
me plaisaient rien qu'à l'idée de jouer avec des
dinosaures "comme quand j'étais petit", les bretonniens
m'enthousiasmaient car ils me rappelaient les jouets de mon enfance,
et je suis sûr que beaucoup se reconnaîtront là-dedans.
Je ne dirais qu'une chose : les chevaliers sur leurs destriers, ça
en jette !
Bien, maintenant que cela est clair, passons aux choses sérieuses. Bien
avant que le livre ne soit commencé, nous avons posé les
bases de ce que devaient être les bretonniens. Cela comprenait
des choses comme leur apparence, la gamme de figurines, l'introduction éventuelle
de nouvelles troupes ou la refonte de certaines d'entre elles,
qui a mangé le bacon de Paul Sawyer et d'autres questions
existentielles qui remplissaient notre cahier des charges. Comme
vous voyez, nous travaillons comme de vrais pros.
L'objet du Délit
Si vous feuilletez le livre d'armée Bretonnie, vous vous
apercevrez que cette contrée est un lieu plus sombre qu'auparavant
: les paysans sont sales et édentés, affligés
de disgrâces physiques dues à des années de
consanguinité et de privations. Les chevaliers, même
s'ils sont de grands héros toujours prêts à affronter
le mal, sont plus froids et plus arrogants que dans les versions
précédentes. Les châteaux de Bretonnie sont
plus proches de ceux de Sacré Graal ! que de ceux de chez
Disney, et c'est totalement voulu. Nous pensons que cet aspect
colle beaucoup mieux avec le monde de Warhammer tel que nous
l'avons défini dans sa version actuelle. Bien sûr,
il n'était
pas question de changer de cap au point de faire des chevaliers
bretonniens des individus dépravés et corrompus,
mais plutôt de rendre leurs vies plus austères, ce
qui donnait plus d'intérêt et les harmonisait avec
les autres races. La fosse (à purin) très large
qui sépare chevaliers et paysans renforce d'autant plus
cela et à côté de ses maîtres, le peuple
semble encore plus miséreux et démuni. Les illustrations
du livre restituent cela pleinement, chapeau bas aux artistes
qui se sont surpassés une fois de plus !
La Bénédiction de la Dame
Auparavant,
la Bénédiction de la Dame fournissait à vos
précieux chevaliers une protection contre les tirs. Les
bretonniens ont désormais leur propre machine de guerre,
et plus de troupes à même de s'occuper des tireurs
et des machines infernales ennemies (comme les Chevaliers Pégases).
Une des choses qui me déplaisait dans l'ancienne liste était
que l'armée ne priait que quand ils faisaient face à un
ennemi comptant de nombreuses troupes de tir : contre toute autre
force (notamment le Chaos et bon nombre de listes de Comtes Vampires)
elle ne prenait pas la peine de prier sa déesse, puisque
celle-ci ne lui donnait une protection que contre les tirs ! Cela
ne me paraissait pas logique : les chevaliers prient toujours
la Dame avant une bataille, à plus forte raison quand ils
se battent contre les morts-vivants ou le Chaos !
Il fallait donc rendre la bénédiction efficace
contre n'importe qui, et cela a été un des changements
de la nouvelle liste qui a été décidé dès
le début. Tout d'abord, j'ai pensé utiliser un système
de "dés de Bénédiction", générés
en plus ou moins grand nombre par certaines unités, et
ayant différents effets. Bien que le mécanisme en
lui même fût plaisant, c'était un vrai casse-tête à utiliser
et encourageait les joueurs à sélectionner toujours
les mêmes unités. J'ai finalement opté pour
un système plus simple, qui je crois est idéal à la
fois en termes de jeu et d'historique.
Pour rendre la bénédiction utile quelle que soit
la situation, j'en ai fait une sauvegarde invulnérable.
Cela rend les choses claires et nettes, et lui permet d'être
efficace contre n'importe quel adversaire. Je décidai de
plus que cette sauvegarde augmenterait contre les attaques de
Force élevée, pour représenter le fait que
la protection de la Dame est plus grande contre les ennemis les
plus terribles : les monstres, machines de guerre ou puissants
héros. J'aimais également l'idée que le joueur
Bretonnien lance les dés pour simuler la protection de
sa divinité, ne serait-ce que pour l'entendre s'écrier " La
Dame me protège !" quand il réussit sa sauvegarde.

Le Fer de Lance
Avec la Bénédiction de la Dame , la formation
en Fer de Lance a été ma principale source de maux
de tête lors de la rédaction de ce livre d'armée.
Je me suis arraché les cheveux pendant des mois à la
recherche de l'illumination, pour rendre la règle à la
fois simple et plus adaptée : la forme en triangle de l'ancienne
formation posait d'innombrables problèmes. Je me suis démené pour
essayer de trouver un moyen de la garder, mais j'en suis arrivé à la
conclusion qu'elle soulevait trop de cas particuliers. Dans un
jeu où l'on déplace des carrés et des rectangles,
les triangles n'ont pas leur place et demandent trop de pages
de règles spéciales, que j'ai préféré remplacer
par des illustrations et de l'historique : suis-je vraiment à blâmer
? Une règle simple et facile à mettre en ouvre demandait
non seulement moins de place mais était également
assez claire pour éviter de mauvaises interprétations.
En plus de cela, l'ancienne formation en Fer de Lance n'avait
pas de désavantage car elle était aussi performante
en défense qu'en attaque, et je préférais
l'idée d'une charge de cavalerie dévastatrice, mais
qui se devait de briser les lignes ennemies à l'impact
au risque d'être submergée.
Je suis finalement parvenu à un mélange des anciennes
règles et des formations classiques : les chevaliers sont
alignés par trois et traités comme une unité normale
la plupart du temps (comme pour les flancs et le mouvement). Les
règles spéciales s'appliquent lors de la charge :
non seulement le premier rang combat, mais aussi les figurines
situées sur les côtés. Lors des parties tests,
les essais furent concluants et tout le monde s'accordait à dire
que cette formation était plus simple à utiliser
pour un résultat équivalent. Cela donnait également
une plus grande dimension tactique aux bretonniens, car vos unités
de chevaliers ont désormais des flancs qu'il vous faudra
apprendre à protéger (qui a parlé des hommes
d'armes ?)
|