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es orques adorent par-dessus tout la bagarre et le pillage. La vie d’un orque est donc en fait un constant combat contre ses semblables ou tout autre ennemi. Avec sa ribambelle d’adversaires disponibles et tout ce butin qui n’attend qu’à être ramassé, Mordheim est l’endroit rêvé pour tout Seigneur de Guerre orque en quête de renommée. Les règles qui suivent, écrites par Mark Havener, vont vous permettre de jouer une bande d’orques et de gobelins.

De toutes les races qui arpentent le monde de Warhammer, les orques et les gobelins sont ceux pour qui de bonnes bagarres sont la perspective la plus réjouissante. C’est pour cela que de nombreux chefs de bandes orques sont attirés vers la Cité des Damnés et la Pierre Magique qui s’y trouve. Bien sûr, les orques préféreront tendre des embuscades aux autres bandes pour leur dérober leurs richesses plutôt que se fatiguer à les ramasser eux-mêmes, mais leurs buts sont les mêmes que tout le monde : s’enrichir le plus possible ! Le but des règles qui suivent est de retranscrire ces traits de caractère.

 

Téléchargez les règles de cette bande en PDF

Reinhold avançait au milieu des restes d’un bâtiment la recherche de la précieuse Pierre Magique. Le capitaine mercenaire, originaire du Reikland, était seul. Il avait envoyé les hommes de sa bande aux quatre coins de ce quartier où ils étaient tombés sur une étonnante concentration d’éclats de pierre. Ils espéraient mettre la main sur tous les trésors possibles avant que des bandes rivales n’aient vent de leur trouvaille.

Quelque chose bougea au bout de la rue et fit sortir Reinhold de sa rêverie. Trois petites créatures à la peau verte et vêtues de capes noires poussaient devant eux à l’aide de piques ce qui ressemblait à d’énormes oranges à pattes. “Des gobelins, zut…” pensa le mercenaire. Ce n’étaient pas tant les silhouettes noires qui l’inquiétaient, mais les bestioles qui les précédaient. La troupe se rapprocha un peu plus et Reinhold put discerner les mâchoires hérissées de dents. Des squigs. A un contre trois, un homme avait peu de chance de s’en sortir, même si cet homme était particulièrement habile. Il commença à reculer prudemment en direction de l’embrasure de la porte la plus proche mais un des gobelins l’aperçut. Un sourire cruel se dessina sur le visage verdâtre de la petite créature et elle donna quelques coups de pique au squig qui la précédait pour le faire aller encore plus vite. Les autres gobelins suivirent le mouvement et bientôt, tout le monde descendait la rue en cavalant, droit sur Reinhold. Les squigs bondissaient sur leurs puissantes pattes et les gobelins suivaient derrière, aussi vite qu’ils le pouvaient.

Reinhold était résolu à vendre chèrement sa peau. Il se sentait un peu rassuré par le poids familier de la rondache accrochée à son bras gauche et sa main droite se referma sur la poignée de cette épée que lui avait léguée son père. Il lui fit faire quelques moulinets afin d’assouplir un peu son poignet en vue de l’inévitable affrontement. Les gobelins n’étaient plus très loin,à peine à un pâté de maisons. “Finalement, j’ai eu une bonne vie,” pensa fièrement le vieux guerrier.

Soudain, en pleine course, un des gobelins shoota dans un caillou qui alla frapper un de ses camarades derrière la tête. Celui-ci se retourna et fit part de son mécontentement au premier gobelin en lui assénant un coup de sa lance, le manquant d’un rien. Tous deux avaient alors cessé de courir et se tenaient face à face au beau milieu de la rue, lances levées et s’insultant dans leur langage étrange. Le troisième poursuivit sa course pendant quelques mètres puis, remarquant que ses camarades n’étaient plus avec lui, s’arrêta et se retourna pour voir ce qui se passait. Le vacarme de la dispute attira aussi l’attention des squigs qui firent demi-tour et commencèrent à courir autour des deux gobelins en aboyant comme des chiots excités. Un instant plus tard, les six créatures étaient engagées dans une mêlée indescriptible et Reinhold put voir un des gobelins enfoncer sa lance dans le bras droit d’un de ses congénères, un des squigs fermement accroché par la mâchoire à un de ses mollets.

Reinhold savait par expérience que ce genre de dispute, si elles étaient fréquentes parmi les peaux-vertes, ne durait jamais très longtemps. Décidant de profiter du répit qui lui était offert, le mercenaire s’éclipsa par l’embrasure d’une porte. “Béni soit le sale caractère de ces créatures,” murmura-t-il en s’éloignant au petit trot.

Dissimulées par les denses feuillages, les deux silhouettes graciles observaient le groupe qui campait au centre de la clairière. Les Éclaireurs sylvains avaient pisté les orques plusieurs jours durant afin de déterminer s’il s’agissait d’une bande isolée ou de l’avant-garde d’une plus grosse armée. L’ouïe fine des êtres de la forêt leur permettait d’entendre distinctement ce que disaient les orques pourtant situés à plus de cent pas de distance. La conversation portait, bien entendu, sur des sujets sans aucune importance pour quiconque n’était pas orque, comme des histoires de trésors ou de pierres plus ou moins précieuses, mais les elfes attendaient patiemment que les peaux vertes daignent enfin les mettre sur la voie.

Les différents membres de la bande arpentaient la clairière dans un sens ou dans l’autre, les gobelins faisant tout pour échapper aux coups de pieds agacés de leurs plus gros cousins. Un troll marchait stupidement en rond et traçait des cercles dans l’herbe haute. Un orque un peu plus musclé que les autres et portant plusieurs armes ensanglantées à la ceinture s’approcha d’un autre peau verte encore plus massif que lui et qui était assis sur ce qui ressemblait à un trône fait d’ossements et de cuir tendu. Les Éclaireurs avaient déjà compris que l’individu qui trônait fièrement au milieu de la clairière était le chef de cette bande de pillards.

“Comment k’s’est passé ta chasse ?” demanda l’énorme chef au nouvel arrivant.

“Bof. J’ai bien attrapé kek’ zoms, mais tout c’k’y z’avaient c’était des cailloux noirs.”

“Pas d’butin ?” demanda le chef. “Les zoms y z’ont toujours du butin !”

“C’est k’est-ce que j’leur ai d’mandé ! répondit l’autre.

“Y z’ont essayé d’me fair’croire que l’butin c’était ces caillasses ! J’les ai s’coués un peu et y m’ont dit qu’des chef zoms payaient un max pour ça !”

“Un max ?”

“C’est k’est-ce qu’y m’ont dit,” continua l’orque d’un air visiblement étonné. “Y m’ont dit qu’ces pavetons v’naient d’un koin k’y s’appelle More-ty… Mor… heu… Mork kek’chose, mais y m’ont fait un dessin.”

Le plus gros orque attrapa le morceau de parchemin que lui tendait son lieutenant, l’examina pendant quelques instants en le tournant dans tous les sens, puis aboya quelques ordres. Les gobelins se mirent à courir dans le campement pour rassembler tout l’équipement, alors que quatre d’entre eux, peinant comme des bêtes de somme, soulevaient le trône du chef et commençaient à le porter vers l’autre côté de la clairière. Les autres orques, visiblement plus calmes, ramassèrent leurs propres armes et emboîtèrent le pas aux porteurs.

Les Éclaireurs reculèrent silencieusement entre les arbres, ils savaient maintenant que ces orques ne représentaient aucun danger pour leurs semblables. Ils avaient eux aussi entendu parler de cette cité humaine aux rues jonchées de richesses qui n’attendaient qu’à être ramassées. Ils avaient aussi entendu d’autres rumeurs sur cette cité. Avant le milieu de la nuit, cette bande d’orques n’existerait plus…