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plupart des assassins et autres gibiers de potence qui risquent chaque
jour leur vie dans les rues de Mordheim y sont attirés par la
pierre magique et son immense valeur marchande. Pour d'autres,
les motivations sont bien moins terre à terre, comme la recherche
de la rédemption
pour les Soeurs de Sigmar. Cependant, pour un groupe particulier,
lui aussi exclusivement composé de femmes, l'attrait de Mordheim
est bien différent. Car pour les Amazones, amenées de force à la
Cité des Damnés, fuir est tout ce qui compte.
L'on sait peu de choses sur ces étranges guerrières venues
d'au-delà du Grand Océan Occidental. Selon les sagas nordiques,
elles proviendraient de la colonie de Skeggi, fondée par Lost Eriksson
sur la côte orientale de Lustrie, il y a bien longtemps de cela.
Lorsqu'un grand nombre de guerriers quittèrent la colonie pour trouver
de l'or, ils abandonnèrent leurs femmes. Comme ils ne revenaient
pas, celles-ci, ainsi que des jeunes filles nordiques ayant franchi les
mers dans l'espoir d'épouser de beaux et riches guerriers, furent
extrêmement déçues. En outre, la colonie de Skeggi
se retrouvait sans défense.
Ces femmes indomptables résolurent donc de devenir des Valkyries,
nom sous lequel sont connues les guerrières nordiques. Hélas,
celles-ci sont justement mal acceptées par cette culture, où l'on
estime que brandir une hache ne sied pas à une femme. Après
avoir affronté diverses menaces, elles ne souhaitaient plus passer
le reste de leur vie à coudre des pantalons pour leurs maris, elles
furent donc forcées de quitter Skeggi. Elles reçurent un
navire et firent voile le long de la côte avant de remonter l'estuaire
d'un grand fleuve.
Les Valkyries finirent par s'installer sur une île marécageuse
sise au milieu du fleuve et entourée d'une jungle impénétrable.
L'île comprenait les ruines désertes de temples hommes-lézards,
qui devinrent la forteresse des Valkyries. De nombreuses années
plus tard, des aventuriers elfes et nains qui avaient remonté le
fleuve attaquèrent la forteresse, pensant être tombés
sur une ville des hommes-lézards. Ils furent vaincus et s'enfuirent,
emportant avec eux des histoires de mystérieuses guerrières
adorant les dieux des hommes-lézards. Ils les appelèrent "Amazones",
du nom du fleuve et baptisèrent l'île "le Coeur des Ténèbres" en
raison de la densité de la jungle environnante.
Bien entendu, les Amazones ne ressemblent plus vraiment à des
Valkyries nordiques, car elles ont adopté les us et coutumes des
hommes-lézards. En outre, le fait que leur nombre n'ait pas changé et
qu'elles aient peu de chances d'augmenter leurs effectifs donne du crédit à la
rumeur voulant qu'elles aient découvert une potion tropicale qui
leur donnerait une jeunesse éternelle. Cette rumeur a conduit de
nombreux aventuriers à assaillir leur forteresse dans l'espoir de
découvrir le secret de cette potion, plus précieuse que l'or.
Les Amazones ne se sont jamais alliées aux hommes-lézards,
et ceux-ci n'ont jamais demandé l'aide de celles qu'ils considèrent
comme des intruses. Les Amazones sont donc seules et ne combattent que
pour elles-mêmes.
Leur territoire a été envahi à de nombreuses reprises
ces dernières années, notamment par l'expédition tiléenne
de Juan Cornetto en 1997. Des pillards dérobèrent leurs mystérieux
artefacts et réduisirent une grande partie de la population en esclavage,
avant de les vendre dans toutes les cours et bazars du Vieux Monde. Avant
que la comète ne scelle le destin de Mordheim, le Comte Steinhardt
avait acheté plusieurs centaines d'Amazones à un esclavagiste
tiléen, qu'il utilisa comme cadeaux exotiques pour sa cour, ou comme
concubines personnelles. On raconte que lors de la fête donnée
juste avant que la cité ne soit purgée par le feu, le Comte
dépravé demanda aux amazones de son harem d'exécuter
une danse lascive pour ses invités. La plupart de ces nobles furent
tellement fascinés par celle-ci que de nombreuses Amazones en profitèrent
pour fuir la ville. Ces fugitives s'adaptèrent fort bien aux étendues
sauvages de l'Empire et leurs effectifs ont été augmentés
par de nombreuses rescapées des foires de Cutthroat's Den et du
Gouffre.
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Les armes et l'équipement des Amazones sont intéressants à plus
d'un titre. Pour les habitants du Vieux Monde ces objets ressemblent à de
fausses armes, ou à des objets cérémoniels. Cependant,
une fois activés par les rituels des Amazones, ils libèrent
toute leur puissance.
Ainsi les Amazones se trouvent-elles piégées dans un environnement
tout à fait étranger, mais cela ne les empêche pas
de vouloir rentrer. Ces femmes à l'indépendance farouche
forment des bandes pour amasser la pierre verte que les hommes recherchent
avec une telle convoitise. Elles la revendent ensuite dans le but de gagner
suffisamment d'argent pour pouvoir rentrer chez elles.
Abdul Meershariff caressait sa moustache noire tout en essuyant
les copieuses traînées de bave qui s'écoulaient
de sa bouche, séchant sa main grâce à sa manche.
"Celle-ci est nouvelle, d'aujourd'hui, et elle a toutes ses
dents." Sur ces paroles, le massif Arabien aux vêtements
criards se saisit de la fille entravée et la fit se mettre
debout. D'un doigt incrusté de crasse, il lui ouvrit les
lèvres pour montrer à ses clients sa dentition parfaite.
Le marchand sourit de toutes ses dents, qui étaient loin
d'égaler la blancheur immaculée de celles de la
captive.
"Cinquante de vos couronnes impériales." Il y eut une
longue pause. "Elle sait cuisiner, nettoyer, soigner les blessures
et cette beauté sait même se battre !" rugit l'Arabien
surexcité, et son haleine fétide fit s'étrangler
ses interlocuteurs de dégoût. Malgré ses liens
et sa situation avilissante, le regard de la fille affichait une
expression de défi, ses yeux bleu acier exprimant un mépris évident, à la
fois envers ses futurs propriétaires et envers l'esclavagiste
obèse.
Plaçant délicatement un mouchoir en dentelle blanc
devant sa bouche, le bellâtre de poudre fardé détailla
son futur achat, tournant lentement autour de la fille
pour mieux admirer ses formes souples et harmonieuses.
"La belle est farouche, pas vrai les gars ?" Dit-il, une pointe
d'accent de Marienburg dans la voix. Les camarades du Capitaine
marienburger rirent de bon cour tandis que leur chef se saisit
d'une bourse pendant à sa ceinture et commença à compter
les pièces. Les yeux de l'Arabien s'élargirent à la
vue de l'or et il se mit à transpirer d'impatience. C'est
alors que quatre silhouettes encapuchonnées firent irruption
dans la tente du marchand.
"Qu'est-ce que vous voulez ?" Grogna l'Arabien tout en fourrant
rapidement l'or dans sa poche. La haute silhouette à leur
tête étendit un bras gracile pour désigner
la prisonnière. Les Marienburgers portaient déjà leurs
mains à la garde de leurs épées.
"Vous arrivez trop tard, elle a été vendue." Siffla
l'Arabien tout en se plaçant adroitement derrière
les Marienburgers. En un instant, les intrus jetèrent à bas
leurs capes, s'avérant être des femmes sveltes à la
peau mate, revêtues de peaux, la chevelure ornée
de plumes chatoyantes et serrant dans leurs mains des
armes étranges.
Dans un tintement de métal, les Marienburgers dégainèrent
leurs épées et chargèrent les combattantes.
Une des femmes pointa ce qui ressemblait au croisement
entre un pistolet de duel et un gantelet en or, qui émit
un faisceau de lumière aveuglante. Le premier Marienburger
regarda d'un air incrédule le trou fumant dans son bouclier,
puis son regard se figea sur son armure transpercée et
il s'écroula
au sol. Alors que les combats faisaient rage tout autour
d'eux, le Capitaine marienburger et la chef des guerrières
se mirent en garde face à face, chacun tenant fermement
son arme.
"Toi, la garce, je vais te donner une bonne leçon." Cracha
le Marienburger avant de se jeter sur elle. La lame de la guerrière étincela
lorsqu'elle para l'attaque du Capitaine et coupa son épée
en deux. Le Marienburger regardait toujours d'un air horrifié les
restes de son onéreuse épée lorsque l'arme
de la femme lui trancha le torse de l'épaule jusqu'à la
taille. L'homme resta immobile pendant une seconde, les yeux vagues,
avant de s'écrouler au sol en deux portions parfaitement
cautérisées. Les autres Marienburgers désormais
tous morts, les femmes délivrèrent leur sour alors
que leur chef alla chercher l'Arabien se cachant à l'arrière
de la tente, et le tira par la barbe pour le sortir de la flaque
au milieu de laquelle il était recroquevillé.
Les femmes refermèrent les menottes autour des poignets
du marchand, devenu esclave à son tour, avant de s'enfuir
dans la nuit avec leur prisonnier. L'Arabien ne savait
que trop bien que les Marienburgers avaient eu plus de chance,
car il avait entendu parler de ce que les amazones faisaient de
ceux qu'elles capturaient. |

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