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Les Hobbits sont vraiment des êtres étranges,
je l’ai déjà dit. On peut bien apprendre en
un mois tout ce qu’il y a à connaître de leurs
façons, et puis après un siècle ils peuvent
encore bien vous étonner au besoin.
– Gandalf à Frodon, La Communauté de l’Anneau
Adam
Troke et Matt Ward nous présentent leur nouveau bébé et
le processus qui a transformé les pages du livre Le Seigneur
des Anneaux en supplément pour le jeu de bataille du même
nom.
Adam Troke : A moins que vous n’ayez
hiberné tel
le Hobbit repu lors des derniers mois, vous savez sans doute
que le quatrième supplément consacré au jeu
de bataille Le Seigneur des Anneaux a pour nom Le Pillage de la Comté. Basé sur l’avant-dernier chapitre
du chef-d’œuvre de Tolkien, les événements
qu’il décrit voient les Voyageurs revenir dans leur
pays natal et découvrir que celui-ci est tombé sous
l’influence néfaste de Saruman.
Enragé par la destruction de son armée au Gouffre
de Helm, et chassé du siège de son pouvoir, Isengard,
Saruman n’est plus que l’ombre de lui-même,
mais une ombre encore infiniment dangereuse. Usant d’artifices,
il a peu à peu infiltré ses agents dans la Comté,
des brigands issus des terres environnant Isengard. Ces derniers
se sont progressivement emparés du pouvoir, si bien qu’au
moment où Saruman voyait son bâton rompu à Orthanc,
la Comté était tombée sous sa coupe, seuls
les Touque osant résister. Se faisant désormais
appeler Sharcoux, le sorcier déchu imposa son règne
aux Hobbits, mesquine vengeance pour sa défaite précédente.

Lorsque les Voyageurs revinrent dans la Comté, ils furent
si choqués de découvrir ce qui s’était
passé qu’ils se mirent aussitôt en devoir de
renverser les oppresseurs et redonner à leur patrie son
visage d’antan. S’ensuivit la plus grande bataille
livrée dans la Comté, le dernier conflit de la Guerre
de l’Anneau.
Lorsque
nous nous sommes mis à travailler
sur ce supplément, nous voulions faire renouer le jeu avec
ses racines, en imaginant des scénarios passionnants n’impliquant
que peu de figurines, comme dans La Communauté de l’Anneau.
Ceux-ci mettent en scène des Héros n’ayant
pas vraiment les capacités martiales des protagonistes
des précédents suppléments: L’Ombre
et la Flamme avait Durbûrz et Balïn, Le Siège
de Gondor Boromir et Gothmog, et Les Champs du Pelennor regorgeait
aussi de héros puissants, sans compter les dizaines de
guerriers! Dans Le Pillage de la Comté, vous ne trouverez
que de braves Hobbits, un sorcier mal embouché et des ruffians
armés de gourdins. Sachant cela, il nous est vite apparu
que le supplément devait mettre l’accent sur les
scénarios. Chacun d’eux est parfaitement équilibré et
met en scène un nombre réduit de participants. Ainsi,
en l’absence de guerriers surhumains et de héros
psychotiques, les joueurs sont obligés d’accorder
une attention particulière à la moindre de leurs
figurines, car en sacrifier une ou deux pourrait très bien
sonner leur glas!
D’une
façon générale, le livre est divisé en
deux parties, la première (et la plus importante) étant
consacrée à l’occupation de la Comté par
les hommes de Sharcoux, et au “nettoyage” qui suivit.
Elle inclut un résumé de l’histoire de la
Comté et des informations sur les Hobbits, ce qui permet
de présenter ce peuple fascinant à ceux qui ne le
connaissent pas encore. Ajoutée à une superbe carte
signée Nuala Kinrade, cette description plante le décor
des six scénarios qui constituent la campagne Le Pillage de la Comté, où la victoire ou la défaite
dans l’un changera le cours des autres. Bien entendu, ces
scénarios peuvent aussi être joués séparément
les uns des autres.
Matt Ward : À mon humble avis, la
première
chose à faire lorsque nous nous sommes mis à travailler
sur ce livre était de faire en sorte que les Hobbits conservent
la personnalité que Tolkien leur avait donnée. Qu’on
les aime ou qu’on les déteste, le caractère
des gens de la Comté est on ne peut plus pittoresque, et
très amusant. Aucun d’eux n’est un véritable
guerrier, et s’il leur arrive de se conduire de façon
quelque peu ridicule de temps à autre, n’est-ce pas
aussi notre cas? Ceci, en soi, ne les rend pas risibles, tout
est dans la façon de les montrer. Pour cet aspect, nous
avons fait confiance au Maître, qui est sans ambiguïté sur
le caractère des Hobbits. Il n’était pas question
de changer quoi que ce soit à ce niveau: après tout,
le livre parle de Hobbits, pas de guerriers frénétiques
aux pieds velus.
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