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Chapitre II

L'Incident Béhémoth

745.M41

Retranscription partielle des Archives Impériale du Sanctuaire Incarnat du Dôme d'Ameton Epsilon Secundus

(.) les évènements liés à l'apparition de la Flotte-Ruche Béhémoth ayant fait l'objet d'un rapport extrêmement détaillé de la part de son Eminence Kryptman (loué soit l'esprit des forts), il convient ici de s'attarder sur les incidences que l'apparition de ces envahisseurs eut sur notre satellite.

Ameton Epsilon était au cour de la bataille entre la flotte-ruche tyranide et les flottes impériales lorsque celles-ci s'affrontèrent dans le système de Macragge. Comme expliqué précédemment, notre planète servait de base avancée pour Macragge, et en tant que tel, d'objectif prioritaire pour la flotte ruche.

Dès qu'il devint évident qu'une lutte à mort allait s'engager entre les humains et ces créatures, toute production minière fut immédiatement interrompue, et les hommes redirigés pour la mise en oeuvre des batteries d'armes et les milices. Les femmes et les enfants, après la Directive N °227 édictée par Théobald Von Steik, gouverneur de la planète, étaient quant à eux, attelés à la manutention et au transport des armes, du ravitaillement et des batteries énergétiques à l'usage des canons orbitaux.

L'effervescence gagna notre planète, alors que pour la première fois il était rendu possible à notre population, masse muette et aveugle en d'autres temps, de servir notre Empereur, de se rallier à Sa bannière pour lutter contre Ses Ennemis. Certes, quelques éléments se rebellèrent contre ces mesures d'urgence, mais là où la contestation naissait, l'Arbites n'était pas loin, grâce lui en soit rendue.

Escadron Alpha à Ameton Epsilon Secundus.

Nous arrivons à distance visuelle de l'ennemi.
Contact dans une minute.
Roquettes armées. contact dans 30 secondes..
Artilleurs aux postes de combat.
Contact dans 10 secondes.
Ils sont immenses !!!...
Ce ne sont pas des vaisseaux, ce sont des monstres.
Première salve dans 10 secondes.
Ils nous ont repérés, ils fondent sur.

(Fin de la communication)

Retranscription de la dernière communication avec Caiurs Cleg, commandant de l'escadron Alpha, 3ème batt. de la flotte d'Ameton Epsilon.

Contact

Durant deux semaines, nos canons firent pleuvoir leur énergie sur Béhémoth, tandis que les vaisseaux de notre Flotte l'engageaient dans un duel meurtrier. Notre horizon était illuminé constamment des lueurs des tirs jaillissant vers la stratosphère, et il n'était plus possible de discerner les étoiles de la voûte céleste des explosions des organismes ennemis.

Nous ne savions pas comment se déroulait le combat dans l'espace, et tout ce qui nous importait était de maintenir la cadence de tir de nos armes et d'apporter notre pierre à l'édifice de la Bataille pour Macragge

Au dix-huitième jour de combat, des ombres apparurent dans nos cieux. De grandes formes sombres, semblables à d'immenses crustacés dotés de monstrueux appendices. Ces choses ceignirent notre planète d'un anneau, à l'instar d'un étau se refermant sur nous. Les batteries redoublèrent d'intensité, et nous fîmes décoller la maigre flotte d'intercepteurs dont nous disposions.

 

Trois heures plus tard, nos chasseurs entrèrent en contact avec les tyranides.

En l'espace de quelques minutes, notre flotte de quatre cents appareils avait été littéralement happée par ces choses. Il devenait nécessaire de rapporter ces évènements aux Ultramarines afin qu'ils sachent ce qu'il se passait ici. C'est à ce moment que nous nous rendîmes compte que toute communication psychique avec l'extérieur avait été rendue impossible par la présence de ces créatures dans notre orbite. Toute tentative pour établir un lien astropathique se soldait par d'incommensurables douleurs pour le télépathe qui, parfois, engendraient sa mort.

Nous étions seuls.

L'invasion

Au vingtième jour, d'intenses bourdonnements se firent entendre, émanant de la flotte ruche. Ces bourdonnements allèrent crescendo jusqu'à atteindre leur paroxysme dans d'immenses explosions jaillissant du corps même des vaisseaux tyranides. Pendant quelques instants, nul ne sût ce qui se passait, et beaucoup virent dans ces explosions l'intervention des Ultramarines, venus à notre secours. Il n'en était évidemment rien.

En l'espace de quelques instants, l'air fut saturé de milliers d'objets sphériques, organiques, de taille diverses et terminés par des appendices qui semblaient les guider dans leur chute. Ces organismes vinrent s'abattre sur la surface de notre monde, faisant trembler le sol sous la violence de cette multitude d'impact. Du pôle nord au pôle sud, il n'y avait pas un kilomètre de terre qui ne soit frappé par ces spores.

Le contact avec le sol les faisait éclater, et de leur sein jaillirent ces créatures que nos magos allaient répertorier sous le nom de Termagants, d'Hormagaunts ou de Guerriers tyranides, autant d'espèces d'une race dont l'ultime dessein était notre anéantissement, l'absorption de nos êtres dans l'anonymat biologique de leur flotte ruche. Ces créatures déferlèrent telle une vague sur nos maigres défenses. L'hystérie gagna jusqu'au cour de l'administration planétaire, tandis que fébrilement chacun tentait d'organiser la défense des installations vitales, ou tout au moins, leur survie.

Il fut rapidement décidé, à la vu du phénomène que nous vivions, qu'il serait salutaire de se rassembler dans les complexes les plus aisément défendables, à savoir le dôme de la cité administrative sur Ameton Epsilon Secundus, et les cités ruche d'Ameton Epsilon Prime.

Tout en organisant le rassemblement de la population dans ces zones, la Garde Impériale engagea les premiers combats contre ces adversaires dont rien n'était connu alors. La XIème brigade d'infanterie motorisée renforcée d'éléments du IVème régiment d'artillerie autopropulsée fut le premier détachement de la Garde qui rencontra sur le champ de bataille les tyranides, à 850 km au nord-est du Dôme. Bien que dans un premier temps le blindage de nos tanks pût faire obstacle aux armes des créatures, il apparut rapidement que ceux-ci succomberaient sous le nombre des assaillants. La peur induite par ces espèces contre-nature joua un rôle important, nombre de rapport signalant des équipages abandonnant leurs blindés, ou restant prostrés de peur panique dans l'habitacle de leur véhicule. Après quarante-cinq minutes de combat, le colonel ordonna le repli. L'affrontement nous avait cependant livré un enseignement clair : il n'y avait rien dans cette armée extraterrestre que ne pouvait arrêter un obus de 98 mm propulsé par le fût d'un Leman Russ.

Pendant deux jours, de multiples attaques de la sorte furent organisées, dont l'objectif était de gagner du temps et permettre la mise en place d'une défense efficace du Dôme. Les batteries de turbo-laser furent abandonnés au profit d'une défense terrestre contre l'envahisseur, et chaque homme capable de porter une arme s'en vit remettre une.

Le siège

En quelques jours, la population ayant survécu à l'assaut mycétique se retrouva à l'abri du Dôme de plastacier de la Cité administrative. Chaque espace avait été réquisitionné pour entreposer des denrées vitales comme les munitions ou la nourriture, ou pour servir de dortoir aux non-combattants. Dans les hauteurs de la cité, Théobald Von Steik organisait la lutte, tandis que ses Astropathes tentaient vainement de contacter l'extérieur. Le voile psychique tombé sur la planète était tellement lourd qu'il était devenu impossible d'établir toute communication avec l'autre continent, de sorte qu'en ces moments, nous ne savions même pas comment la lutte se déroulait ailleurs, si tant était qu'elle se poursuivait.

Nous étions seuls, et nous devions survivre.

L'épaisseur du dôme de plastacier s'avéra salutaire dans les jours qui suivirent. Les tyranides, même les créatures les plus imposantes n'avaient pas les moyens de le percer, et devaient par conséquent concentrer leurs efforts autour des portes de la cité, ce qui facilitait grandement sa défense. celles-ci avaient été murées, titanesques barricades de briques et d'acier derrière lesquelles la Garde avait pu ériger ses défenses.

Mus uniquement par leur instinct de prédateur, les tyranides ne connaissaient ni faim, ni fatigue, et renouvelaient leurs assauts jour comme nuit. Les corps de leurs congénères leur servaient à atteindre les meurtrières derrière lesquelles nos gardes se réfugiaient, pour y passer leurs griffes ou vomir leur acide (que la Foi en notre Guide soit notre armure en ces moments). Eux étaient innombrables, mais chacun de nos morts étiat une nourde perte pour nos défenses. Pourtant, nous savions que tant que le dôme résisterait nous survivrions.

C'est alors que tout s'arrêta. Comme poussées par un ordre muet, les créatures se retirèrent, nous laissant dans la stupéfaction d'une victoire que jamais nous n'aurions crue possible. Les tirs s'arrêtèrent, les canons se turent tandis que la masse grouillante refluait à l'horizon, ne laissant derrière elle qu'un champ de corps brisés. En un instant, sept jours de combats avaient pris fin.

C'est alors qu'elle apparut. Une créature qui par sa taille ridiculisait toutes celles que nous avions vu jusque là, s'élevant à plusieurs dizaine de mètres de hauteur, à la carapace chitineuse aussi épaisse que les blindages de nos plus puissants tanks, dont la tête dégageait des éclairs, témoignages terribles d'une incroyable matrice psychique. Son dos était surmonté d'un immense appendice qui prenait la forme d'un canon, qui ne tarda pas à cracher un jet d'acide qui alla ébranler notre dôme dans ses fondations. Elle se trouvait encore alors à plus de 5 kilomètres.

Une Dominatrix, comme nous allions l'apprendre ultérieurement.

Les minutes s'égrainèrent, ne laissant derrière elles que le germe d'une terreur absolue, primale, celle qu'éprouve la proie acculée devant son prédateur.

La créature s'avançait résolument vers notre forteresse quand l'ordre de tir se fit entendre. Il sortit les hommes de leur léthargie et toutes les pièces disponibles pointèrent leurs bouches en direction du monstre. Un duel s'engagea entre notre artillerie et le canon dorsal de la Dominatrix. Sous chacun de ses tirs, des pans entiers des murs de notre forteresse s'effondraient, ensevelissant des centaines de gardes et de civils sous des tonnes de gravats. Mais il devint rapidement évident que nos tirs n'étaient pas vains, chaque impact entamant la carapace de cette chose pour laisser apparaître sa chair congestionnée.

Comme si elle savait qu'elle ne pouvait lutter contre le barrage que nous lui imposions, elle s'arrêta, pour laisser apparaître derrière elle la masse grouillante des autres créatures qui renouvelèrent leur assaut. Nous ne pouvions lutter longtemps contre ce monstre biologique et la multitude de ces créatures.

La Onzième Heure

Nous parvenions à retenir les assaillants depuis plusieurs heures lorsqu'à l'ouest, l'horizon fut obscurci par un nuage de fumée et de poussière. Avant même que n'ayons eu le temps de nous inquiéter de ce phénomène, le ronronnement des moteurs de la XIème Brigade du Colonel Kemps se fit entendre. Après le repli désorganisé ayant suivi le premier contact avec les envahisseurs, le lieutenant avait rallié sa brigade et ordonné le retour vers la Cité. Après avoir par on ne sait quel miracle traversé les hordes extraterrestres, il était parvenu en vue du Dôme. Ayant vu celui-ci assiégé, il avait organisé un vaste mouvement de contournement pour prendre l'armée ennemie entre nos batteries et ses blindés.

L'arrivée des trois cent blindés fit pencher la balance en notre faveur, tandis que les gaunts mouraient par centaine sous les déflagrations des obus. A l'aube, les tyranides se retirèrent, laissant derrière eux le corps de la Dominatrix que étions parvenus à abattre.

Le Colonel Kemps fut accueilli tel un héros. Il se vit remettre l'Honorifica Imperialis pour son action décisive et fut élevé Maréchal de Défense des instances gouvernementales, ce qui fit de lui l'autorité suprême pour tout ce qui touchait à la défense du d ôme administratif. Dans l'affrontement son unité avait subit des pertes notables, mais de jeunes recrues vinrent hâtivement renforcer les effectifs de la brigade.

Guerre Totale

Dans les semaines qui suivirent, les assauts tyranides diminuèrent d'intensité contre la cité, tandis qu'ils se multipliaient partout sur Ameton Epsilon. Ces jours se révélèrent propices pour rationaliser notre défense, sous l'impulsion du Maréchal Kemps. Les batteries furent réorganisées pour se concentrer dans les secteurs sensibles, les fortifications renforcées et le rationnement et un système de conscription furent mis en place. Les nouvelles parvinrent des autres théâtres d'opération du conflit.

Au nord, Ameton Epsilon Prime subissait lui aussi les assauts répétés des tyranides. Dans les jours ayant suivi l'invasion, la ceinture défensive des Marches d'Acier avait été percée en de nombreux points, et amena l'évacuation de la Cité Ruche d'Asgrad Beta. La population et les divisions de la Garde Impériale se retranchèrent dans la seconde cité-ruche, plus grande et plus propice à une défense acharnée. Les directives de Von Steik étaient claires, et tenaient en quelques mots "Plus un pas en arrière !".

Les mines avaient été piégées et toutes les réserves d'explosifs nucléaires entreposées dans les profondeurs des souterrains avaient été activées, creusant dans le sol un cratère béant qui engloutit des dizaines de milliers de tyranides dans une explosion qui fit trembler les fondations d'Asgrad Alpha.

Asgrad Alpha, surpeuplée et faisant face à de terribles problèmes de ravitaillement en denrées alimentaires et en munitions tenait cependant fermement face à l'envahisseur. Les tyranides payaient chèrement chaque assaut aveugle et frontal sur des défenses parfaitement organisées. Il fut décidé que tout citoyen non-combattant (ce qui couvrait tous les hommes de moins de 14 ans et de plus de 50 ans, ainsi que toutes les femmes) ne serait plus nourri pour assurer la subsistance du personnel militaire.

La Commanderie de Sainte Mère des Souffrances avait été absorbée par la Flotte Ruche. Les quelques Sours survivantes purent rejoindre le Dôme où elles contribuèrent à la défense de la cité.

Dans les cieux, ils étaient difficiles de percevoir ce qu'il advenait des flottes qui s'affrontaient. L'absence de communication avec l'extérieur nous privait de toute information et les supputations allaient bon train, aussi bien parmi les civils que dans les rangs de la Garde Impériale. Signe positif, les bombardements de spores mycétiques avaient cessés depuis quelques semaines, évitant que les tyranides soient constamment renforcés comme ils l'avaient été dans les premiers jours.

Le sort des tribus primitives importait peu à qui que ce soit, et il était vraisemblable qu'elles aient été décimées, dépourvues qu'elles étaient de tout armement impérial ou de fortifications derrières lesquelles se retrancher.

Devant l'affaiblissement des assauts des tyranides contre la cité administrative d'Ameton Epsilon Secundus, le Maréchal Kemps décida que l'heure était venue de contre-attaquer et décréta un ensemble de directives dans ce sens.

Ces directives prévoyaient la création d'un corps d'armée d'élite, composé des meilleurs éléments des différentes formations blindées, qui serait le fer de lance des opérations à venir. Ce corps d'armée, intégralement motorisé et soutenu très largement en artillerie, concentrerait la quasi-totalité des ressources offensives de la Garde Impériale d'Ameton Epsilon Secundus.

Un autre corps d'armée rassemblerait l'ensemble des cadets et des Boucliers Blancs en une formation distincte, encadrées très largement par des Commissaires dont l'objectif serait le maintien de la discipline et la cohésion de cette formation.

Enfin, l'ensemble des autres formations fut réuni dans un troisième corps d'armée, qui ferait office de réserve capable d'exploiter les succès du premier corps d'armée.

Opération Heartbreaker

Durant les semaines passées, les affrontements contre les tyranides avaient apportés de précieux enseignements au Maréchal Kemps, dont les conclusions tenaient en plusieurs points :

•  les offensives des tyranides ne sont pas raisonnées. Ils se contentent de déferler sur les centres de population en de multiples vagues d'assaut qui, si elles échouent, se réduisent pour se concentrer en des endroits plus faibles. De plus, ils ne concentrent jamais leurs éléments les plus puissants en un endroit, mais les répartissent sur l'ensemble de leur axe d'attaque, ce qui uniformise mais affaiblit leur impact.

•  Si la capacité offensive des créatures est impressionnante, elles ne peuvent pour leur immense majorité rivaliser avec les blindés de la Garde Impériale. La concentration de ces blindés pose réellement un problème aux tyranides, dans la mesure où la plupart d'entre eux sont incapables de nuire à un char.

•  Il semble exister une hiérarchie au sein de la Flotte-Ruche, les créatures les plus petites suivant les injonctions télépathiques des plus importantes, qui sont en quelque sorte le cour des forces d'invasion. S'il est impossible de contenir l'ensemble de l'armée ennemi, il est concevable de frapper uniquement les créatures les plus importantes, pour désorganiser l'ennemi.

A la lumière de ces enseignements, l'opération Heartbreaker vit le jour. Le plan était d'engager avec le Deuxième Corps (celui des Boucliers Blancs) les tyranides sur un front très large (sur plusieurs centaines de kilomètres) tandis que le Premier Corps blindé s'enfoncerait sur un point névralgique, en direction des créatures les plus imposantes, les Dominatrix et les Bio-Titans. Onze d'entre elles avaient été recensées. La mobilité et la puissance du Premier Corps devraient permettre de frapper plusieurs de ces objectifs en quelques jours. Néanmoins, les besoins de ravitaillement en carburant et en munitions obligeraient le Premier Corps à échelonner ses offensives, se retirant derrière les lignes régulièrement pour s'approvisionner.

Le rôle du Troisième Corps était d'exploiter les premières percées des blindés pour détourner l'attention de la Flotte Ruche. Le moment venu, ce corps d'Armée se retirerait en bon ordre en vue de la prochaine offensive motorisée.

Il fut estimé que le Second Corps d'armée serait capable de tenir le front pendant six semaines, avant son écroulement. Durant ce laps de temps, le premier corps devait être à même de mener une dizaine de frappes sur les objectifs déterminés. Les délais impartis étaient stricts, et la moindre faiblesse d'une des trois composantes de l'opération entraînerait son échec, avec des conséquences funestes pour Ameton Epsilon Secundus.

L'opération fut baptisée Heartbreaker.

Déroulement de l'opération

« Aucun plan ne résiste au contact avec l'ennemi »

Vieux dicton enseigné dans les académies militaires impériales

Les premiers jours de l'opération se déroulèrent en accord avec les schémas établis par le Maréchal Kemps. La stratégie de frappe ciblée fit des merveilles et en l'espace d'une vingtaine de jours, il devint rapidement évident que la destruction des centres névralgiques de la Flotte Ruche la paralysait, semant un trouble qui facilitaient d'autant les interventions ultérieures.

Néanmoins, le 23ème jour, le IVème régiment d'assaut blindé du Premier Corps repéra sur ses radars un signal beaucoup plus important que tous ceux perçus jusqu'alors, situé à 100 km au sud-ouest de la Dépression Aride. L'analyse des données indiqua qu'il s'agissait là d'une créature tyranide aux proportions inégalées dans toute la Flotte Ruche, rivalisant de taille avec les Titans Imperator. De toute évidence cette créature se dirigeait vers le Dôme Administratif.

Alerté, le Maréchal Kemps décida de maintenir et de poursuivre l'opération Heartbreaker, dont les objectifs actuels étaient suffisamment éloignés de cette créature pour qu'elle n'entrave pas la conduite des opérations. Pourtant, il ne pût s'empêcher de constater que parmi ses ressources disponibles, aucune n'était en mesure de rivaliser avec ce monstre cyclopéen, que l'on connaîtrait plus tard sous le nom de Reine Norne, le cour et le cerveau de l'invasion tyranide.

Malgré des pertes extrêmement lourde, aussi bien dans le Premier que dans le Deuxième Corps, l'opération en vint à en éliminer 75% de ses cibles. Malheureusement, après cela, les effectifs du Premier Corps n'étaient plus en mesure de poursuivre sur leur lancée, et l'avancée de la Reine Norne obligea la retraite de l'armée en vue d'une défense acharnée de la Cité Gouvernementale.

Néanmoins, l'opération Heartbreaker avait eu un impact certain, aisément mesurable par le fait que dorénavant, la Flotte-Ruche avançait bien plus lentement, privée qu'elle était de certains de ses centres névralgiques.

Contact Rétabli

Alors que l'Opération Heartbreaker touchait à sa fin, les communications avec la Flotte Impériale qui affrontait les vaisseaux tyranides furent rétablies. Le rétablissement de ces communications tenait à la convergence de deux facteurs : la victoire sur la Flotte Ruche, qui l'amena à battre en retraite vers Circé, en bordure du système de Macragge, et la destruction de plusieurs des vecteurs psychiques tyranide par l'opération Heartbreaker.

Bien entendu, le Maréchal Kemps, dans son rapport des activités sur Ameton Epsilon IV demanda l'envoi rapide de renforts, avançant le fait que les forces impériales ne pouvaient se permettre de perdre ce monde à l'arrière de leur ligne.

Les Autorités Impériales nous annoncèrent l'envoi immédiat de deux croiseurs de bataille de classe Lunar capables de procéder à des bombardements orbitaux, ainsi que des renforts terrestres.

Ces renforts devaient nous atteindre dans un délai de cinq jours.

Des nouvelles nous parvînrent également d'Ameton Epsilon Prime. Asgrad Beta résistait elle aussi aux tyranides, mais l'ensemble des Marches d'Acier était tombé aux mains des envahisseurs. Les messages qui nous arrivaient étaient alarmistes, la résistance allait faiblir, par manque de ressources humaines et industrielles, les munitions commençant à faire gravement défaut.

Durant ces cinq journées, les tyranides continuèrent leurs attaques avec encore plus de vigueur, poussés en ce sens par la présence de leur reine. Leurs effectifs déclinaient et cela se ressentait dans le temps qui séparait chaque assaut. Etrangement, la Reine Norne cessa sa progression vers nous, pour se diriger vers le Mont Antigonos, comme si elle avait conscience que tout était dorénavant perdu.

Renforts

A l'aube du sixième jour, les croiseurs arrivèrent en orbite d'Ameton Epsilon et déclenchèrent le barrage orbital. Un déluge de feu et de flammes s'abattit sur la horde tyranide, bombardement qui ne cesserait qu'au terme de trois jours. La liesse gagna la population du Dôme tandis que les créatures qui avaient failli causer notre perte étaient à leur tour dévorées par le feu vengeur de l'Empereur.

Tous les tyranides refluèrent vers le Mont Antigonos, comme pour protéger leur Reine. A notre surprise, le bombardement ne se concentra pas sur la montagne.

L'explication nous fut donnée quand débarqua la 8ème Compagnie des Ultramarines, détachée pour nous venir en aide, et commandée par le Frère-Capitaine Demetrius.

Il disposait d'ordres de mission émanant directement de son excellence l'Inquisiteur Kryptman, et avait pour ordre de tuer la Reine Norne en maintenant l'intégrité de son enveloppe charnelle en vue d'étude par l'Ordo Xenos. Par voie de conséquence, tout bombardement orbital du site dans lequel elle s'était réfugiée était exclu.

Demetrius allait prendre en main l'opération visant à tuer ce monstre. Son plan était simple : frapper directement la reine par le biais d'un détachement aéroporté, composé de Space Marines et de vétérans équipés pour l'occasion puisqu'il était suicidaire d'affronter la masse de créatures inférieures.

Tandis que cette unité attaquerait l'objectif prioritaire, un autre détachement, plus conséquent, engagerait les tyranides en gravissant le Mont Antigonos.

Après un recensement des effectifs, il apparut qu'il nous était possible d'acheminer mille trois cents de nos vétérans, qui viendraient renforcer la centaine de Space Marines du Frère-Capitaine Demetrius.

Le dernier combat

Cette dernière mission, qui allait sceller le sort de l'invasion tyranide sur Ameton Epsilon, fut effectuée neuf jours après l'arrivée des Space Marines.

Les Space Marines et les gardes impériaux furent déposés sur place par une flottille de Valkyries et de Thunderhawks et menés au combat par Demetrius lui-même.

Peu d'informations sont disponibles quant à la nature des combats qui opposèrent nos troupes à la Reine Norne, le rapport du Capitaine Demetrius ayant été classifié Omega.

Néanmoins, il apparaît que le combat tourna rapidement en faveur de nos troupes qui, à l'aide de bombes à fusion, blessèrent grièvement la créature. Des ondes psychiques balayaient les gardes impériaux, moins résistants mentalement que les Space Marines. Les armes biologiques de la monstruosité prélevaient un lourd tribut parmi ses adversaires. L'Archiviste Varus périt dans les premières minutes, terrassé par le pouvoir de la reine.

Au moment où celle-ci ployait sous les blessures, elle émit un hurlement terrible qui ébranla la montagne jusque dans ses racines. Sa tête explosa, libérant toute l'énergie qu'elle contenait. La montagne elle-même se fissura et tout le sommet s'écroula, laissant le Mont Antigonos défiguré.

Le corps de la Reine Norne avait été englouti par la montagne elle-même, ainsi que des milliers de gardes impériaux. Grâce à leurs réacteurs dorsaux, la majorité des Space Marines avaient pu éviter le pire.

A présent, vaincu, le cour de la Flotte Ruche gisait sous des milliers de tonnes de pierres, laissant les tyranides sans maître et incapables de combattre.

La guerre était finie, et nous avions gagné.